La Cinémathèque Française programme du 10 au 24 juin 2026 une sélection Roman Porno du studio Nikkatsu, le plus vieux studio de cinéma au Japon. La production de ces films permit d’observer (ce que l’on croit encore devoir nommer) la marge empêchant la fermeture du studio et de sauver les équipes et les emplois. Je m’étais entretenu avec deux maîtres du genre, tout d’abord avec Tanaka Noboru lors d’une rétrospective de ses films dans la salle d’art et d’essai La Puta, à Tokyo, et plus longuement avec Konuma Masaru.
Tout cela était paru dans la chronique SoOtaku sur une version antérieure du site des Cahiers du Cinéma, puis en 2015 dans mon livre Réponses du Cinéma Japonais Contemporain, et enfin dans le coffret Roman Porno que j’ai co-dirigé pour l’éditeur dvd Éléphant paru en 2019, pour lequel j’ai également rédigé l’ouvrage L’Aventure du Corps dans le Cinéma Japonais.
Deux séances seront présentées par Clara Sebastio, que je découvre (1).
A Tokyo, Hasebe Yasuharu (2), l’un des réalisateurs les plus extrêmes du genre voyait son oeuvre faire l’objet d’une étude remarquable par une chercheuse Japonaise, Mio Hatokai. Son film Les Femmes de la bourrasque, plus retenu, est au programme, qui compte huit titres qui ont écrit l’histoire du Roman Porno, des Amants Mouillés de Tatsumi Kumashiro (1971) à Love Hotel de Shinji Somai (1985).
J’ai beaucoup écrit sur, et parlé de, ces films en France. Le réalisateur Konuma Masaru, qui a signé quelques uns des films les plus incandescents de l’histoire du cinéma japonais, me raconta longuement les tournages de ses films et les ambitions de ses pairs chez Nikkatsu, tous issus de milieux sociaux plus modestes, conscients de ne pas appartenir aux univers des studios Shochiku et Toho.
Je pense moins en ce moment à ce que j’ajouterais de plus à mes textes parus il y a près de dix ans, et davantage à ce qu’on ne peut plus dire de ces films. Ce qui doit sauter.
1- Avec l’espoir qu’une trace d’une de ses interventions sera disponible sur le site de la Cinémathèque.
2- On lui doit l’important Black Tight Killers, de 1966, qui aura une véritable sur le cinéma d’action de Hong Kong. Le site Midnight Eye compte quelques textes sur les films de Hasebe.

The Gate of Flesh
The Cinémathèque Française is programming a Roman Porno selection from the Nikkatsu studio — Japan’s oldest film studio — from June 10 to 24, 2026. The making of these films made it possible to observe what one still feels compelled to call the margin and how it prevented the studio from closing and saved jobs and crews. I had spoken with two masters of the genre: first with Tanaka Noboru at a retrospective of his films at the art-house cinema La Puta in Tokyo, and at greater length with Konuma Masaru. Versions of this had appeared in the SoOtaku column on an earlier iteration of the Cahiers du Cinéma website, then in 2015 in my book Réponses du Cinéma Japonais Contemporain, and finally in the Roman Porno box set I co-edited for the DVD publisher Éléphant, released in 2019, for which I also wrote the volume L’Aventure du Corps dans le Cinéma Japonais.
Two screenings will be presented by Clara Sebastio, whose work I’m discovering (1).
In Tokyo, Hasebe Yasuharu (2) — one of the most extreme directors of the genre — saw his work be the subject of a remarkable study by a Japanese researcher, Mio Hatokai. His film Women in a Windstorm, a more restrained selection, is on the programme, which includes eight titles that wrote the history of Roman Porno, from Tatsumi Kumashiro’s Wet Lovers(1971) to Shinji Somai’s Love Hotel (1985).
I have written a great deal about these films in France, and spoken about them at length. The director Konuma Masaru, who made some of the most incandescent films in the history of Japanese cinema, told me at length about the shoots and the ambitions of his peers at Nikkatsu — all from more modest social backgrounds, all aware that they did not belong to the world of the Shochiku and Toho studios.
I am thinking less at this moment about what I would add to texts published nearly ten years ago, and more about what can no longer be said about these films. What must be cut.
1 — With the hope that a record of one of her talks will be available on the Cinémathèque’s website.
2 — We owe him the important Black Tight Killers (1966), which would have a genuine influence on Hong Kong action cinema. The Midnight Eye website carries several texts on Hasebe’s films.