
Reiko Hiroshima, Curry Barker, the first a Japanese writer whose Fushigi Dagishaya Zenitendo is a book series published since 2013, adapted to manga and anime, and the second, an American YouTube content creator whose first feature film Obsession is one of two American films (1) rewriting Summer movie rules at this particular moment in film history. Tellingly, this is happening when the power of studios, having undergone a 21st century existential trauma with the emergence of streaming, is now experiencing the full assault of acquisition and merger politics. By comparison, Amazon’s purchase of MGM appears almost civil. Obsession might almost feel like an act of resistance, were it for the fact that it blossomed in the fields of Google.
I spend time there as well, I subscribe to various YouTube channels. I used to watch the Criterion Closet when filmmakers and actors with a connection to cinema came in to select titles. Some entered with expected choices, others more surprising, and there were those who spoke knowingly, movingly about specific films. I remember the modesty of Cilian Murphy asking if he could take the Wes Anderson box set. But more recently, I am either clueless as to who the guest is, or unable to watch through because how many times can the same Albert Brooks (whom I often confuse with Charles Grodin) title be their go-to movie. Possibly more the point, a new cinephilea is being recorded here by 21st century media figures who pick a Coen Brothers film and one of the few contemporary comedies released on Criterion, usually Amy Heckerling’s (1982…) Fast Times at Ridgemont High with 22-year old Sean Penn. This when Obsession is up against a Jon Favreau film and the attempt, as pleasant as he might be, to make him an auteur because like Lucas he knows Kurosawa films. I bring this up as a possible archival strategy, the one built in small spaces as opposed to warehouses, the closet at Criterion, the bedrooms with background neons and Shure microphones of YouTube movie reviewers. Nothing similar ever took place in Japan for cinema, where Tokyo, once one of the truly great cities showing international films all year round, glided easily at the turn of the century towards film amnesia rather than immemory, starting with its own breathtaking film history.
Which brings me back to Barker’s Obsession. A clever, well acted, well framed film. It is neither Magnificent nor even Odd, nor does it have Geneviève Bujold. For those overwhelmingly familiar with modern American horror cinema, or even US tv dramas/sitcoms/romcoms, Nikki Freeman (Inde Navarrette) appears intensely collegiate and a being of social media. Michael Douglas did not need to wish for that version of Glenn Close in Fatal Attraction; she was fully formed, as was Jessica Walter in Play Misty for Me. The becoming of Nikki Freeman can be a signpost for the YouTube changing Hollywood narrative. I mentioned the Obsession plot to my wife who observed that this was close to what happens in Zenitendō, in which a shopkeeper offers candy suited to help those who come to her with problems; the candy, depending if it’s used correctly, will either bring joy or trouble. How difficult the story would have been for the Bear character if the wish came as a vaccine.
1- Backrooms, by Kane Parsons.

Reiko Hiroshima, Curry Barker, la première, autrice japonaise dont la série Fushigi Dagashiya Zenitendō est publiée depuis 2013, adaptée depuis en manga et en anime, et le second, un Américain, content creator sur YouTube dont le premier long métrage, Obsession, est l’un des deux films (1) en train de réécrire les règles du blockbuster à ce moment précis de l’histoire du cinéma. De manière révélatrice, cela se produit alors que le pouvoir des studios, ayant traversé un traumatisme existentiel au cours du XXIe siècle avec l’émergence du streaming, subit désormais l’assaut complet des politiques de rachat et de fusion. On se laisserait aller à croire que l’acquisition de MGM par Amazon fut presque courtoise. Obsession pourrait s’afficher comme simulacre d’un acte de résistance, si ce n’était qu’il a vu le jour dans les moissons de Google.
J’y passe du temps parfois, je suis abonné à diverses chaînes YouTube. Je regardais autrefois le Criterion Closet, lorsque des réalisateurs et acteurs ayant un lien avec le cinéma venaient y choisir des titres. Certains arrivaient avec des choix attendus, d’autres plus surprenants; on y croisait ceux qui savaient s’exprimer avec intelligence et émotion à propos de films précis. Je me souviens de la modestie de Cillian Murphy demandant s’il pouvait prendre avec lui le coffret Wes Anderson. Mais plus récemment, je n’ai aucune idée de qui est l’invité, ou je n’arrive pas à regarder jusqu’au bout, tant on se demande combien de fois le même titre d’Albert Brooks (que je confonds souvent avec Charles Grodin) peut être leur film de référence. Plus encore porteur, peut-être, une nouvelle cinéphilie est en train de naître ici, celle de figures médiatiques du XXIe siècle qui choisissent un film des frères Coen et l’une des rares comédies contemporaines chez Criterion, le choix consensuel étant Fast Times at Ridgemont High (1982…) d’Amy Heckerling, avec un Sean Penn de 22 ans. Ceci alors qu’Obsession sort en même temps qu’un film de Jon Favreau; la tentative devient admise de faire de lui un auteur parce que, comme Lucas, il connaît les films de Kurosawa. J’évoque cela comme une possible stratégie d’archive, celle qui se construit dans de petits espaces plutôt que dans des entrepôts : le placard du Criterion, les chambres aux néons d’ambiance et micros Shure des critiques de cinéma sur YouTube. Rien de semblable n’a jamais eu lieu au Japon pour le cinéma, où Tokyo, autrefois l’une des grandes villes projetant des films internationaux toute l’année, a glissé sans effort, au tournant du siècle, vers une amnésie cinématographique plutôt qu’une immemory — à commencer par sa propre histoire du cinéma, pourtant fabuleuse .
Ce qui me ramène à Obsession de Barker. Un film habile, bien interprété, bien cadré. Il n’est ni Magnificent façon Sirk, ni même Odd comme chez Roeg, et on n’y retrouve pas Geneviève Bujold. Pour ceux qui connaissent de près le cinéma d’horreur américain, ou même les séries/sitcoms/comédies romantiques télévisées, les emportements, les cris, de Nikki Freeman (Inde Navarrette) la rendent intensément reconnaissable, comme une figure sortie des réseaux sociaux. Michael Douglas n’avait pas besoin de souhaiter cette version de Glenn Close dans Liaison fatale ; elle était déjà entière et présente, tout comme Jessica Walter dans Play Misty for Me. Le devenir de Nikki Freeman peut être vu comme un indicateur du récit hollywoodien transformé par YouTube. J’ai raconté l’intrigue d’Obsession à ma compagne, qui a remarqué que cela se rapprochait de ce qui se déroule dans Zenitendō, où une commerçante propose des bonbons adaptés aux problèmes de ceux qui s’y rendent ; le bonbon, selon qu’il est utilisé correctement ou non, apportera ou la joie, ou des ennuis. Combien l’histoire aurait été difficile pour le personnage de Bear si le souhait s’était présenté sous forme de vaccin.
1- Backrooms, de Kane Parsons






